New York - Discours sur les belles jeunes filles riches et inconnues

02.12.2005 |  -  6440 visiteurs  -  5 visiteurs aujourd'hui  -  Aucun commentaire
Trois couches d’un même circuit électronique décident de s’emparer de la vie de trois jeunes new-yorkaises. Aucune n’échappera à la désactivation de sa vie mentale. Les animaux triompheront... une fois de plus. Avec Esope et Claude Simon, un trajet en circuit à travers l’immigration allemande, la télévision, les jeux vidéos et les renards d’Europe de l’Est...

"Sur la mince plaque de silicium rouge brique, trois couches : la blanche est celle qui se détache le plus, se superposant à la verte sans régularité ; sur cette dernière, ou sous elle, creusée, la noire apparaît comme un réseau parallèle reproduisant le premier de façon assez fidèle. On peut observer plusieurs signes ou chiffres épars sur la surface : une sorte de “185” dont le 8 n’aurait qu’un contour extérieur et pas d’excavation au centre, plusieurs “B”, et un rectangle coloré très petit et qui semble jouer le rôle de signature électronique dans le coin supérieur gauche. Les bandes blanches forment des routes qui se suivent puis se séparent, tandis que les bandes noires et vertes tracent plutôt comme des mandalas très organisés ou des labyrinthes dont il serait difficile de sortir.

Dans les grands appartements de New York, trois jeunes filles. L’argent, les beaux meubles, les métiers riches et le champagne français y coulent à flots. C’est de ces trois belles jeunes filles riches et inconnues que les circuits s’occupent : on ne sait pas trop s’il y a une connexion et par conséquent un passage de courant entre les couleurs et les événements, mais il demeure néanmoins possible, sur la base du rapport entre les nuits blanches d’Helen Smith et les bandes blanches du circuit blanc, d’établir certains rapprochements. Qu’en est-il, ce faisant, du vert ? Sarah Cohen aura peut-être l’occasion d’un espoir. Quant à Frida Bauer, elle n’a pas le temps d’évoquer le souvenir d’une certaine Allemagne : le circuit vient de se déconnecter d’elle pour se brancher sur une histoire d’Helen Smith ; l’oubli la prend et cela la frustre ; de rage elle violera une enfant, jouira contre une penderie et battra son père après avoir quitté une bretelle de l’autoroute qui relie Baltimore à New York. Car telle est la vie, intimement mêlée, des circuits sous les plaques, et de leurs jeunes filles riches dessus."

Nota : comme pour The Farm, la réécriture est en cours.
Je me nourris entre autres de l’édition "digeste" de l’excellente thèse de l’universitaire Crystel Pinçonnat (Paris 7 Diderot) : New York, mythe littéraire français.




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LB

Ludovic Bablon : céphalopode né en 1995 depuis 28 ans. A vécu à Chaumont et Liffol-Le-Petit, Grenoble, Nancy, Montpellier, Lille, re Montpellier, et par rapport à la plaque : à l’ouest. A Seille vivant aujourd’hui, il vit aujourd’hui à Seille. Infidèle au cinéma, il aime la littérature mais est-ce vraiment réciproque ? Centre d’intérêt : La banque postale.

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