« S’il y a autour du cadavre d’Héliogabale, mort sans tombeau, et égorgé par sa police dans les latrines de son palais, une intense circulation de sang et d’excréments, il y a autour de son berceau une intense circulation de sperme. Héliogabale est né à une époque où tout le monde couchait avec tout le monde ; et on ne saura jamais où ni par qui sa mère a été réellement fécondée. Pour un prince syrien comme lui, la filiation se fait par les mères ; - et, en fait de mères, il y autour de ce fils de cocher, nouveau-né, une pléiade de Julies ; - et qu’elles exercent ou non sur le trône, toutes ces Julies sont de hautes grues.
Leur père à tous, la source féminine de ce fleuve de stupres et d’infamies, devait, avant d’être prêtre, avoir été cocher de fiacre, car on ne comprendrait pas, sans cela, l’acharnement que mit Héliogabale une fois sur le trône à se faire enculer par des cochers. »
(Extrait d’Héliogabale ou l’Anarchiste couronné paru en 1934.)
« Héliogabale, né sur un berceau de sperme, mort sur un oreiler de sang, est un noir héros de notre monde. Sa légende est faite de perversité et d’exécration » Le Clézio.
-----> LESSOLITAIRES