
On est en plein été 1967, au festival de Monterey (deux ans avant Woodstock donc), et il y a déjà du beau monde à ce rendez-vous des rockeurs et hippies de tout poil : Quicksilver Messenger Service, Janis Joplin, et les Who, parmi d’autres. C’est d’ailleurs après ces derniers que Jimi et son band montent sur scène, rehaussant encore d’un cran la folie rageuse des 4 p’tits gars de Londres (ce qui n’est pas rien lorsqu’on connait la force de leurs prestations scéniques !). Mais avec Jimi, c’est bien plus l’esprit Vaudou qui parle, et qui fait renaître sous d’agiles doigts de guépard un transcendantalisme de rythmes et de sueurs noirs oppressés, surgissant sans fin grâce aux assauts tétaniques du dédale électrique et de son amplification. Et puis il y a cet évènement, rituel sacré au beau milieu de l’arène Rock, inattendu, fascination, destruction ou bien encore prière hallucinée du "Voodoo Child" et qui ponctue avec force la musique de l’ange noir aux doigts d’or :
Jimi Hendrix - Live at Monterey (1967)
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"Led zep" comme on le nomme entre fans, groupe sans pareil dans l’histoire du Rock, entre univers éthéré, références occultes, et nostalgie des grands espaces. Des paramètres que l’on retrouve dans leur musique, sous les envolées lyriques du guitariste Jimmy Page (que ce soit les ballades folks acoustiques ou les coups de massue électrique de son mediator-archet), les textes rêvant d’une terre-du-milieu ou d’un escalier menant au-delà ("Stairway to Heaven"), ou encore les morceaux revisités en live pouvant passer de 6 à 45 mn. Led zep, c’était tout ça et beaucoup plus, une aventure qui dura 10 ans dans sa forme originelle (1969-1980), jusqu’au jour où le batteur John Bonham leur fit la bonne blague de s’étouffer dans son vomi... les accidents du rock’n’roll : "Stairway to the Bar" où Bonham rejoint son compère Keith Moon des Who décédé deux ans plus tôt (lui d’une overdose de medocs pour traiter son problème de picole, l’ironie du sort). De ces 10 ans, voici un aperçu de leurs débuts. On est en 1969 et les 4 compères vont tester l’acoustique d’un amphi parisien sous les yeux d’un public halluciné (petit jeu : reconnaissez-vous le p’tit groomi qui fume son pet’ et se prend littéralement sa claque ?! Si si, le film avec Coluche...)
Led Zeppelin - live in Paris (1969)
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Black Sabbath, c’est le pendant glauque du Metal revendiqué, ou en tout cas affiché de manière nette pour la première fois. Noir c’est noir donne la ligne vestimentaire, ainsi que les riffs de guitare qui avec eux se font plus lourds et linéraires (par rapport à Led Zep). Mais Black Sabbath, c’est aussi une ambiguïté sourde qui cache de véritables thématiques sociales derrière une provoc’ de bêtise crasse : un Ozzy Osbourne (le leader-chanteur) qui aime grignoter des chauves-souris sur scène, et qui d’ailleurs mettra ses talents d’acteur-bouffon à profit quelques années plus tard sur MTV. Facade ironique du Metal qui prend la société à son propre jeu et qui - comme dans la série US Beavis & Butthead par exemple - cache derrière ses pets et ses rots de nouvelles interprétations sonores de notre environnement. Leur tube "Paranoïd" qui suit illustre bien cette paumée-attitude quémandant de l’aide d’un côté, mais la cachant de l’autre dans des visuels agressifs ou des comportements addictifs. Pas étonnant donc qu’un Kurt Cobain s’en réclama plus qu’un Led zep.
Black Sabbath - "Paranoid" (at Rock Show TV)
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Ce qui différencie Deep Purple d’un Led zep ou d’un Black Sabbath, c’est la forte présence des claviers, particularité qui donne à l’ensemble du groupe tantôt un côté symphonique, tantôt un côté jazzy. D’ailleurs, les influences du groupe étaient éclectiques (écoutez bien le solo de guitare sur la vidéo à 4’55 et 5’23 : et oui, dans le plus pur style baroque, à la Jean-Sebastien Bach en somme ;-), et le but avoué du groupe était entre autres de briser les barrières entre grande musique "molle" (le Classique) et petite musique énergique (le Rock). Leur tube que vous connaissez tous est "Smoke on the water"
, riff par excellence du Rock et aussi connu que l’hymne à la joie de Beethoven. Pour changer un peu, voici un autre aspect de Deep Purple, une autre composition, plus lyrique, plus longue, mais non dénuée de charme : "Child in time"
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Queen est rarement cité dans les influences fondatrices du Metal, pourtant il en est une composante majeure. D’une part car il est présent à la même période que les groupes cités précédemment, et d’autre part car sa variété musicale et son sens du théâtral laisseront des traces indéniables dans les sphères métalliques à venir. Encore plus que Deep Purple, Queen tentera une fusion musicale inédite, s’appropriant le jazz (dans "Innuendo" par exemple), la musique classique ("Bohemian Rhapsoy"), la musique arabe ("Mustafa Ibrahim") ou encore la techno-dance ("Living on my own"), et affichant dans le même temps une image et une attitude tout autant éclectique (allant de la tenue hard-rockeur tout de cuir et de pics à l’image travestie de Mercury dans le clip "Show must go on"). En somme, Queen marche à l’envie et non pas sur les rails d’un genre codé, ce qui lui réussit d’ailleurs plutôt bien. Mais surtout, Queen apporte un peu plus de fantaisie, de dérision aussi dans un univers tendance sombre du Metal, le tout assaisonnée de superbes arrangements vocaux et de compositions élaborées sans que celles-ci, malgré leur complexité, ne perdent de leur force ni de leur sens. En voici l’illustration avec le très beau clip d’"Innuendo"
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(non, ce n’est pas un groupe...)
"Yeah !" vous entends-je dire d’ici là ! Alors, que faut-il faire ? Et bien tout simplement deviner quel autre pionnier du Metal (peut-être le plus important d’ailleurs) se cache sous l’extrait sonore suivant. Le groupe lui-même est super connu, mais peut-être moins dans ce registre.
Qu’y a-t-il à gagner ??... euh... La joie de laisser un commentaire avec la réponse, donc de dépasser ainsi le stade de simple lecteur, et d’en plus devenir le 2è commentateur de la rubrique "Trash musicologie" ! C’est génial, non ?... Ok, je trouverai en temps voulu un p’tit cadeau pour le gagnant ;-)
Bonne participation !
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Congratulations Archibald ! Et oui, Helter Skelter des Beatles, un des premiers morceaux hargneux de rock avec déjà tous les ingrédients criards (voix principale) & mélodiques (les choeurs derrières) du metal, et qui, ne l’oublions pas, date de 1968 ! Ah, ces sacrés scarabés, d’ailleurs précurseurs d’un bon nombre de choses, & même du metal, qui l’eût cru ?!
Quant au cadeau prévu mon cher Archibald, même si je dois admettre avoir oublié ce que je réservais au gagnant (le jeu date déjà de quelques mois...) , j’ai tout de même un petit quelque chose à te proposer. Ecris-moi en privé à l’adresse suivante et nous verrons cela ensemble.
davidmous at gmail.com (NB : remplace le at par @ et enlève les espaces)
Encore bravo à toi et merci d’avoir participé à ce petit jeu.
David Moussion